Finalement, que produit cette
économie de croissance ? A l’évidence le constat n’est pas très
réjouissant !
Non seulement la pauvreté
augmente encore dramatiquement dans les pays en voie de développement, mais
la pauvreté s’installe de plus en plus dans les pays soi-disant développés.
L’iniquité fait partie du paysage désolant de notre monde.
Au niveau des pays,
l’accumulation de richesses est de plus en plus disproportionnée, les pays
riches sont toujours riches et les pays pauvres deviennent encore plus
pauvres.
Les fortunes colossales
accumulées et détenues par un groupe de personnes en augmentation qui est
présenté au monde comme des idoles paraissent insolentes et hors de raison.
La dynamique de cette économie de
croissance engendre sur un plan planétaire une frénésie de besoins qui
conduit à une déstabilisation politique et économique, mais aussi
psychologique et sociale.
Une solution juste, valorisante
et gagnante pour tous ne peut pas émerger de ce statu quo.
La domination de
l’Economie de croissance et ses effets
Tout concourt pour augmenter et
accélérer le rendement, le profit, la consommation sous une pression
continue et satisfaire ainsi les exigences de l’économie de croissance. Il
est peut-être utile d’observer les bases d’une économie de croissance. La
croissance est essentiellement au centre de toutes les activités. Elle
influence directement le capital et le profit qui sont en interactivité
permanente et stimule également la production et la consommation,
intrinsèquement liées. Bien évidemment, le maître mot c’est la consommation
qui représente l’indice majeur de la croissance et c’est pour cela qu’elle
est toujours encouragée et mesurée attentivement.
Il est évident qu’une économie de
croissance ne peut pas être un système fermé. Elle a besoin d’être nourrie
par des ressources extérieures pour accomplir sa croissance continue. Ces
ressources dépendent de la nature de l’économie dont on parle, mais
typiquement il s’agit de l’énergie, des matières premières, des denrées
alimentaires, des ressources humaines, du capital etc. Malheureusement, sur
un plan mondial ces ressources ne sont pas illimitées. Déjà les pays soit
disant développés ont consommé largement leurs « quotas » de ressources
naturelles de la Terre. C'est-à-dire qu’environ un milliard et demi
d’humains, un peu moins de 25% de la population totale, sont en train
d’emprunter sur les ressources des générations à venir sans aucune
possibilité de rembourser leurs dettes.
Les effets sur l’écologie sont
déjà très inquiétants (voir plan du site Ecologie). Mais si on prend en
compte que seulement en Asie il y a près de deux milliards d’humains qui
sont en train de copier la même économie de croissance, il est plus
qu’évident que cela mène à une catastrophe inévitable !
L’Alliance du Cœur est bien
consciente que ce message n’est pas nouveau. Le rapport Meadows (1972),
commandé par le Club de Rome,
avait pour titre français : « Halte à la Croissance », et fut suivi
en 1974 d'un deuxième rapport : « Sortir de l'ère du gaspillage : demain ».
Depuis, il a produit plus de 20 publications dans une série appelée Rapports
du Club de Rome. (Source Wikipedia)
Peut-être que les modèles de
Meadows étaient encore un peu rudimentaires et pas très précis. Le scénario
le plus pessimiste prévoyait une catastrophe autour de 2010 et pas plus tard
que 2100 Aujourd’hui, on en sait beaucoup plus et un effondrement avant l’an
2050 devient chaque jour plus probable et l’échéance semble se rapprocher de
plus en plus. La fragmentation mondiale, les intérêts économiques et
politiques divergents font obstruction à une analyse prévisionnelle
objective et fiable pour reconnaître l’état, sous tous ses aspects, de la
véritable condition de notre Planète. Cela est caché et pourtant il est
primordial et essentiel de connaître la vérité.
Beaucoup d’humains le savent au
fond de leur cœur. Mais, ils ont peur, peur de perdre, peur de changer, peur
de manquer, peur de l’insécurité, manque de confiance etc. Cette économie de
croissance est tellement imprégnée dans tous les domaines de la Vie qu’on ne
sait plus comment faire autrement. « S’il n’y a plus de croissance on
meurt », est devenue la devise de notre économie et de notre vie. L’Humanité
est soumise aux diktats économiques qui dominent la conscience, la science,
l’écologie, l’industrie de la santé aussi bien que la politique, le social,
le comportement et la responsabilité individuels, l’enseignement et peut
être encore plus profondément, notre créativité et notre épanouissement. Il
semble urgent de prendre conscience de cette situation et c’est seulement de
notre conscience qu’émergera une réponse.

L’humanité a-t-elle déjà connu
une économie idéale ?
Les grands philosophes Grecs
comme Platon et Aristote en avaient tracés les contours et d’ailleurs on
trouve les mêmes valeurs dans l’Ancien Testament. Cet idéal d’économie a
dirigé l’humanité (les Grecs, les Judéo-chrétiens et le monde Musulman)
pendant des millénaires. D’après Platon : « l’idéal de l’économie est la
gestion des biens et des personnes la plus juste possible dans la société
idéale ». Cet idéal se caractérise par un découragement d’accumulation des
richesses personnelles, par un juste prix fondé sur la valeur d’usage et la
valeur d’échange. L’échange renforce aussi le lien social et il est
considéré comme un retour sur équivalence. Les prêts à intérêt sont
interdits (ce qui a duré jusqu’au Moyen Age et perdure encore dans le
système monétaire des Musulmans). La monnaie avait toujours une valeur
intrinsèque et l’acquisition des richesses pour pouvoir politique était
condamnable.
Il est très important de noter
que l’économie de Platon était principalement fondée sur le concept que les
ressources et donc les richesses devaient être stables et pratiquement
limitées pour l’équilibre de la société. Ce concept de ressources limitées a
perduré jusqu'à la fin du Moyen Age et il était tout a fait naturel car le
monde connu lui aussi était limité.
Apres les grandes explorations et
le début de la colonialisation le monde découvre que l’extérieur d’un pays
apporte les ressources et la richesse. L’économie de croissance était née !
Cela a pris un formidable élan jusqu'à nos jours. Seulement la
mondialisation nous plonge dans une situation où il n’y a plus d’extérieur.
Là où nous sommes, la cite de Platon est devenue la planète !
Alors, aujourd’hui, il parait
primordial de prendre conscience de l’état véritable de notre situation
planétaire et de prendre également la mesure de l’urgence impérative à
réduire la course folle de la frénésie de croissance pour stabiliser le
rapport entre besoins et ressources.
Bien évidemment, cette stabilité
est une condition indispensable pour préserver l’héritage des générations
futures mais encore insuffisante pour assurer une économie au service de
Tous.
L’économie de croissance focalise
la conscience sur les idoles et les besoins « d’Avoirs » de l’ego. C’est un
idéal fondé presque uniquement sur l’Avoir. Une focalisation hypnotique de
l’attention sur les idoles et les « besoins » qu’elles suscitent, projette
et maintient la conscience à l’extérieur de soi, essentiellement tournée sur
« l’Avoir » et la frénésie des désirs insatiables de l’ego. Ces désirs
souvent chimériques peuvent engendrer des états chroniques d’envie, de
frustration, de jalousie, d’insatisfaction, de complexes d’infériorité et de
souffrances.
Une attention centrée sur un
idéal fondé sur l’Etre ramène la conscience à l’intérieur de soi,
essentiellement tournée vers les désirs du Cœur. Ces désirs, eux, génèrent
des états de bien-être, de confiance, de sérénité, d’harmonie, de joie.
Une autre vision est que
l’économie de croissance détourne la conscience de l’Idéal originel
de : «Tous pour un, un pour tous » au profit d’un système pyramidal qui ne
prend en compte qu’une partie de l’Idéal, c'est-à-dire : « Tous pour un » et
oublie totalement l’autre partie de l’Idéal, c'est-à-dire : «Un pour tous ».

Point d’équilibre
entre l’état d’Avoir et l’état d’Etre
Un des défis de l’humanité est
d’apprendre à lâcher prise de « l’Avoir » au profit de « l’Être ». Cela ne
veut pas dire de ne plus avoir, cela veut dire de cesser le combat de
l’Avoir pour Etre.
L’état d’Avoir ne reconnaît pas
forcement la source du pouvoir à l’intérieur de soi mais la transfère à
l’extérieur. Nous sommes ce que nous avons et ce que nous avons se trouve
hors de nous. Les preuves de l’Avoir sont fournies par les signes et
symboles distinctifs reconnus par les autres. Tout cela nous conditionne à
entretenir une soif inextinguible de reconnaissance et d’approbation
extérieures. Si nous ne l’obtenons pas, nous ne sommes plus rien ! Qui
étés-vous ? Je suis ce que je fais. Je fais pour avoir et je suis ce que
j’ai.
La complexité des systèmes qui
régissent notre monde, doublée d’une absence de vision planétaire
fédératrice, créent une incompréhension générale qui ne peut qu’engendrer
des actions fragmentées dont certains résultats sont imprévisibles et non
désirés. Cela introduit la croyance collective que le monde est instable et
plein de risques, ce qui génère un état presque généralisé de peur et de
stress. Ce monde-là implique qu’il faut absolument « Avoir » pour ne pas
manquer et absolument protéger pour ne pas perdre, ce qui crée encore plus
de stress.
La focalisation de la conscience
sur l’Avoir renforce l’ego et limite son action au « Moi Je »
Le « Moi Je » ne partage pas
l’Avoir mais le protège ce qui développe l’égocentrisme voire même
l’égoïsme.
Un idéal fondé uniquement sur
l’Avoir induit implicitement la croyance que l’Avoir crée le bonheur et que
plus on a, plus on est heureux ; les nantis sont-ils vraiment plus heureux
que les autres ? Et ceux qui sont exploités à moins de deux dollars par jour
ont-ils toujours accès au bonheur ?
Toute la créativité est centrée
sur l’Avoir et dans cet état d’Avoir, l’énorme créativité déployée, même à
travers ses meilleures créations, ne fait que renforcer le besoin impérieux
d’Avoir. Tout le système nous conditionne pour éviter de faire l’expérience
de la vie dans sa véritable splendeur. Son expression est alors réduite à
l’évitement et toute la créativité est orientée pour éviter mais pour éviter
quoi ? Bien souvent pour éviter l’inévitable. Il n’y a plus d’émerveillement
de la vie. La vie doit être sans surprise !
Alors finalement à qui profite
véritablement l’Avoir ? Avons-nous plus de Joie ? Plus de Paix ? Plus de
Bien-être ? Plus d’Amour ? Plus de Vie ?
Plus on accélère le temps et
l’état d’Avoir, plus l’espace se rétrécit et les ressources deviennent de
plus en plus limitées. L’espace-temps est multidimensionnel. L’état d’Avoir
reste davantage focalisé dans la dimension temporelle et par conséquent
limite notre perception de l’espace. Cela à terme nous conduit forcément
dans une impasse. Pour en sortir il est absolument nécessaire de concentrer
le temps, c'est-à-dire de rester dans le Présent. En fixant le temps dans le
Présent (même temporairement) une nouvelle perspective plus vaste de
l’espace s’ouvre à notre perception.
L’état d’Etre est une polarité
opposée à l’état d’Avoir. L’état d’Avoir est lié à la Matière et l’état
d’Etre à l’Esprit. L’état d’Etre donne l’accès au Présent qui nous connecte
à des ressources insoupçonnées.

L’état d’Avoir nous enferme sur
nous-mêmes et réduit la Vie. L’état d’Etre nous ouvre à nous-mêmes et
exprime la Vie. Dans l’état d’Avoir nous nous nourrissons de la Création et
appauvrissons la Vie. Dans l’état d’Etre nous nourrissons la Création et
exaltons la Vie.
L’état d’Etre est
l’accomplissement entier du concept d’Amour et de Sagesse : « Tous pour Un,
Un pour Tous »
Seule la conscience inspirée et
dirigée délibérément par les intentions nobles du cœur intègre l’état
d’Avoir et l’état d’Etre dans un point d’équilibre qui manifeste l’union des
contraires. Ce point d’équilibre crée les conditions indispensables pour
atteindre une Economie Idéale satisfaisant pleinement les justes besoins de
Tous à travers une juste répartition de toutes les richesses tant sur le
plan matériel que spirituel. La Créativité est alors centrée et inspirée par
de pures intentions fondées sur le respect, l’équité, la bienveillance et le
service issues de la Sagesse Universelle pour le bien de Tous.
La conscience de l’ego privilégie
l’état d’Avoir qui nous rend dépendent de ses effets. La conscience du cœur
privilégie l’état d’Etre qui nous offre la liberté du choix délibéré. Si
l’ego et son besoin d’Avoir entretiennent consciemment ou inconsciemment une
croyance collective dans la peur de perdre et de manquer, le cœur dans son
état d’Etre entretient une confiance absolue dans l’abondance naturelle de
la Vie.
Si l’ego cherche à protéger et à
garder à tout prix son avoir, le cœur, lui, est toujours prêt à partager sa
richesse.
L’ego peut-il posséder la Vie ou
l’Amour ? Non ! Le Cœur, lui, est source de Vie et d’Amour et cela il peut
le partager avec tous sans limites.
L’Economie Idéale
L’Economie Idéale est le résultat
d’un processus progressif des différentes étapes, précédemment décrites,
qui passe par le point d’équilibre entre l’état d’Avoir et l’état d’Etre.
Ce point d’équilibre est au delà
d’une durée temporelle et représente une concentration de la conscience pour
accéder au Présent et à une nouvelle Créativité fondée sur la Sagesse
Universelle.
Sur quels principes une Economie
Idéale serait-elle fondée ?
Dans la conception d’une Economie
Idéale :
- La Conscience est au centre
et remplace la Croissance. Cette Conscience, inspirée par la Sagesse
Universelle, émerge du point d’équilibre qui unit la Matière et
l’Esprit, l’état Avoir et l’état d’Etre.
- Dans l’Economie de
Croissance le Capital est un indicateur majeur de son état. Dans la
nouvelle économie, un Idéal partagé par Tous devient le plus grand
capital de l’humanité. Cet Idéal représente une vision planétaire
durable qui rassemble tous les humains et leur inspire des créations qui
exaltent la Vie.
- Comme cela a déjà été
largement exprimé dans le domaine de la Créativité (voir plan du site),
la Créativité est le chemin d’accès à l’Idéal et elle est aussi
l’instrument le plus puissant à la disposition de l’Homme. Ici le Profit
est remplacé par la Créativité qui devient le principal indicateur de
progrès vers l’accomplissement de l’Idéal.
- La Consommation est
remplacée par le Juste Besoin. Là, le Juste Besoin est considéré dans un
sens très large qui englobe d’une part, la consommation adaptée aux
véritables besoins individuels et équitables pour l’Ensemble et d’autre
part, concerne également l’utilisation des énergies durables et la
préservation des écosystèmes.
- Bien entendu, la Production
devient la Matérialisation qui satisfait le Juste Besoin
Les effets de cette Economie
Idéale sont considérables. A travers cette Nouvelle Conscience et son Idéal,
une Responsabilité partagée va émerger et permettre une Gestion Mondiale
concertée des ressources durables et garantir une Juste Répartition des
Richesses. Il est absolument vital de comprendre que cela n’est pas une
nouvelle version du communisme. Les précédentes années ont démontré que le
communisme ne répondait pas aux véritables besoins de ses citoyens. Son
idéal d’origine et ses bienfaits ont été détournés au profit d’un pouvoir
hiérarchique monopolisé qui lui s’est maintenu par la force en étouffant
toute créativité individuelle et collective. On peut considérer le
capitalisme libéral comme l’autre extrême. Ici l’idéal originel a été aussi
détourné au profit de nombreux réseaux d’influence très puissants pour
préserver les ressources et augmenter les richesses pour une minorité de
l’humanité. L’Economie Idéal se situe bien au delà d’un compromis entre le
capitalisme et le communisme. Il s’agit d’un Idéal juste pour Tous et
partagé par Tous. Ses valeurs claires et pures élèvent la conscience de
l’humanité au-delà de toute tentative de détournement.
La Juste Répartition est fondée
sur l’équilibre et la satisfaction des besoins fondamentaux de l’Être Vivant
et de la Vie. Cela implique une répartition équitable des richesses et des
ressources de la Terre pour favoriser l’épanouissement de la Vie.
Aujourd’hui, les ressources sont suffisantes pour répondre équitablement aux
justes besoins de Tous. Mais dès maintenant nous devons commencer à agir
d’une manière responsable. L’énergie solaire et les véhicules à hydrogène
sont juste un petit exemple d’un pas vers l’Economie Idéale (Voir plan du
site : Ecologie).
Cette Economie Idéale porte en
elle et cultive le germe de la joie de vivre sur cette Terre au delà de
toute peur, pollution, injustice, iniquité, etc. et de ressentir avec
enthousiasme l’émerveillement de partager tous ensemble l’exaltation de la
Vie.
L’unité et l’interaction
équilibrées de l’Economie Idéale stimule un nouveau concept fondé sur un Art
de la Vie et imprègne de Sagesse tous les domaines de l’Existence.

Pour une meilleure lecture
nous reproduisons ci-dessous le diagramme de l’Economie de Croissance.

C’est lorsque nous entendrons à
nouveau le doux et sage murmure de notre cœur que nous pourrons nous élever
au-dessus des idées et croyances crées par le mental de l’ego qui nous
séparent les uns des autres. C’est alors que nous ressentirons et vibrerons
de nouveau les mêmes bons et nobles désirs de nos cœurs qui s’allient les
uns aux autres dans le Cœur Unique de l’Humanité pour accomplir son Idéal
Suprême.
L’Alliance du Cœur rassemble les
Humains par les liens précieux du Cœur Unique dont chacun possède une
parcelle vivante et vibrante. C’est par la re-connexion avec notre cœur que
nous créerons l’unité et atteindrons le plan de conscience pour accomplir
l’Idéal Suprême.
« C’est le fini qui souffre. L’infini repose dans
un calme souriant »
Emerson

Alliance du Cœur, Septembre 2007
Le Club de Rome est une association internationale et non
politique réunissant des scientifiques, des humanistes, des
économistes, des professeurs, des fonctionnaires nationaux et
internationaux ainsi que des industriels de 53 pays, préoccupés des
problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés,
tant industrialisées qu'en développement. Les membres du Club ont
comme but de chercher des solutions pratiques aux problèmes
planétaires. Son rôle demeure surtout de sensibiliser les hauts
dirigeants aux problèmes planétaires actuels. (Source Wikipedia)