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Il est important d’observer que
ce nouvel Idéal a émergé en
opposition à la domination et au
dogmatisme de l’Eglise qui
représentait alors le monde
spirituel. Cette opposition a
engendré un fort refus
d’accepter la moindre influence
spirituelle sur la conception de
la Vie et de ses principaux
domaines d’existence. Cet Idéal
était fondé uniquement sur le
Matérialisme. Cela pourrait être
la première fois dans l’histoire
de l’humanité qu’un Idéal était
pratiquement dépourvu de sa
dimension spirituelle.
Presque toute la créativité
s’est alors dirigée et focalisée
essentiellement sur le
Matérialisme. Cette course
effrénée, sans limite, engendre
un tourbillon d’effets souvent
prejudiciables pour l’humanité
et la planète.
Voilà le processus qui détourne
l’idéal d’origine au profit de
l’ego.
Au début d’une création, l’idéal
de perfection diffuse, inspire
et manifeste son essence en
imprégnant le caractère et la
nature de tout ce qui en découle
et émerge de manière concrète ou
abstraite. Puis avec le temps un
glissement progressif s’opère.
L’essence de l’idéal dérive vers
une idéalisation de l’idéal,
reporté ou projeté sur l’objet
ou la personne qui représente
cet idéal. L’objet ou la
personne qui personnifie la
création originelle est alors
idéalisé(e). Il ou elle est de
plus en plus investi(e) de
pouvoir par les utilisateurs ou
admirateurs qui finissent par
caractériser, cataloguer,
encenser et aduler l’objet ou la
personne comme une idole.
Chacun veut alors se
l’approprier ou plutôt
s’approprier ou recevoir ses
bienfaits et ses grâces tout en
reconnaissant à l’objet ou à la
personne ce pouvoir unique, bien
évidemment non transférable à
soi-même.
Ce processus d’idéalisation
engendre chez l’humain des
sentiments impérieux de besoin,
de manque, d’envie, de jalousie,
de frustration, de possession,
d’avidité et d’idolâtrie. Ce
phénomène a par ailleurs
l’avantage de rassembler et
connecter temporairement les
individus entre eux
Prenons l’argent comme exemple.
A son origine, l’idéal de
perfection de l’argent
permettait de faciliter et de
simplifier les échanges entre
les individus et les échanges de
marchandises.
Puis peu à peu, l’argent a
été idéalisé, son essence a été
détournée et il a été investi de
pouvoir comme moyen d’avoir du
pouvoir et d’exercer un pouvoir.
En fait, cet idéal de perfection
s’est progressivement dégradé et
a été transformé en pouvoir.
L’argent est devenu une idole,
l’idole du pouvoir qui donne le
pouvoir d’exercer un pouvoir.
D’ailleurs aujourd’hui, l’argent
n’est plus l’argent, il est
devenu et il considéré comme un
pouvoir le « pouvoir d’achat » !
Ce pouvoir d’achat est devenu
l’objet de toutes les
convoitises.
Un tel processus se manifeste
dans tous les domaines de
l’existence. Prenons quelques
exemples des implications et des
conséquences de ce processus
dans le monde d’aujourd’hui.
· L’Economie
domine la pensée et le
comportement humains et focalise
la conscience sur le pouvoir
d’achat. Cela crée la peur du
manque et de l’insécurité à
travers une obsession de
protection et de possession.
L’argent est devenu une idole.
· Malgré
la croissance de l’économie
mondiale, la pauvreté et
l’iniquité augmentent de plus en
plus.
· Les
conséquences désastreuses
concernant l’écologie sont
maintenant bien identifiées.
Néanmoins, ce problème
planétaire manque d’une
stratégie planétaire cohérente,
d’une gestion globale coordonnée
et d’une responsabilité partagée
pour faire face à l’urgence de
la situation. Bien que les
choses bougent, les écologistes
sont toujours considérés comme
des idéalistes (dans le mauvais
sens du terme). On n’a même pas
une idole dans ce domaine.
· L’individualisme
et l’indifférence généralisés
s’étendent et augmentent de plus
en plus la fragmentation
sociale. L’idéal social
collectif est remplacé au profit
des intérêts personnels en
sacralisant souvent les idoles.
L’Idéal Matérialiste d’origine
s’est détérioré et transformé au
profit d’idoles qui dominent et
aveuglent l’humanité. Cette
usurpation pousse l’humanité
dans des limites extrêmes qui
menacent gravement toute la
civilisation dans de nombreux
domaines.
Bien évidemment, c’est l’Idéal
fondé uniquement sur le
Matérialisme qui conduit à ces
extrémités et crée les
conditions de la période de
décadence actuelle.
L’observation de l’histoire de
la civilisation révèle que les
grands Idéaux contenaient
toujours une dimension
matérielle et spirituelle. C’est
toujours finalement la création
matérielle qui s’est effondrée
en entraînant une période de
décadence. Par contre, l’Idéal
spirituel, fondé sur la Sagesse
Universelle est toujours resté
identique depuis l’origine des
temps. Cet Idéal est toujours là
et sera toujours là.
Comment reconnaît-on cet Idéal ?
Il suffit d’observer le
comportement humain devant une
situation d’urgence lors
d’événements tragiques ou de
catastrophes naturelles. A ce
moment là les personnes oublient
instantanément leurs propres
conditions au delà de toutes
considérations personnelles et
sociales ainsi qu’au-delà de
toutes différences de croyances
et de cultures. Ils se
réunissent alors naturellement
dans une totale et parfaite
égalité. Rien n’est oublié. A
ces occasions, il se produit
quelque chose d’extraordinaire :
l’ego, le mental et son cortège
de peurs disparaissent
spontanément, le cœur s’ouvre en
délivrant son Idéal et libère
une force et une énergie
phénoménales.
Comment peut-on éveiller cette
conscience qui est évidemment en
nous tous sans un effet de
choc ? Dans de nombreux
domaines, l’humanité est déjà en
état de choc mais elle refuse de
le reconnaître. Une nouvelle
conscience est requise et sans
cette prise de conscience,
l’humanité vivra l’effondrement
de la civilisation actuelle.
Seule la Vision d’un Idéal élevé
du Cœur, fondé sur la Sagesse
Universelle, peut éveiller et
rendre vivante cette nouvelle
conscience. |